Dépenses publiques
Dépenses publiques
Notion de dépense publique
Il s’agit de la dépense de l’ensemble des administrations
publiques. Ces dernières sont l’Etat, les collectivités territoriales, ainsi
que d’autres organismes dont le contrôle par la puissance publique est parfois
difficile à déterminer, ce qui rend complexe la fixation de la dépense
publique. Le Système européen des comptes (SEC) a permis de fixer la notion
d’administration publique. Ces administrations comprennent les organismes
publics qui gèrent et financent des activités non marchandes, les institutions
sans but lucratifs financés en grande partie par une personne publique. Les
entreprises publiques à titre lucratif en sont donc exclues. Les dépenses
publiques diffèrent donc de dépenses budgétaires, qui ne sont pas réservées
qu’à l’Etat.
Les dépenses sont les frais engagés par une
administration, au sens du système européen des comptes. Le système a en effet
du être harmonisé, ce qu’on fait cinq organisations internationales (Commission
européenne, FMI, OCDE, ONU et Banque Mondiale). De même, l’Union européenne a
du fixer un cadre normatif dans le cadre de la coordination des politiques
économique des pays de la zone euro.
Richard Musgrave établit que la
dépense publique doit répondre à trois fonctions que sont :
-
l’allocation
de ressources (pour financier les biens et services publics)
-
la
redistribution (pour limiter les inégalités)
-
la
stabilisation économique (limiter les variations cycliques de l’activité)
Contenu des dépenses publiques
Les dépenses publiques comprennent :
-
les
opérations établies par le budget général, les budgets annexes, les comptes
spéciaux de l’Etat
-
les
opérations des organismes divers d’administration centrale (ODAC), qui sont
financés par des subventions étatiques ou par l’affectation de recettes votées
en loi de finances. Il s’agit par exemple du CNRS. Ils peuvent donc directement
gérer un service public, ou encore gérer des actifs financiers ; c’est le
cas par exemple du Fonds de réserve des retraites.
-
Les
opérations des administrations publiques locales, qui regroupent les
collectivités locales et les divers organismes comme les collèges publics ou
les syndicats de collectivités.
-
Les
opérations de l’administration de la sécurité sociale.
Il est nécessaire pour la comptabilité nationale de
déterminer ce qui est une dépense. On considère que la dépense est un flux qui
appauvri l’actif financier de l’administraion
concernée. Cela exclu donc les opérations d’acquisition de titres par exemple,
car cela n’entraine qu’une réallocation d’actifs dans le patrimoine, sans les
retirer. En revanche, l’abandon d’une créance est considéré comme une dépense
publique (si par exemple une dette est annulée, cela accroit les dépenses de
l’Etat).
Les dépenses publiques peuvent être classées en fonction de
leur nature :
-
Rémunération
des agents publics, et les cotisations sociales
-
Les
consommations intermédiaires et dépenses de fonctionnement (fournitures de
bureau…)
-
La
formation brute de capital fixe (FBCF) ; il s’agit des cessions d’actifs
fixes, des acquisitions nettes
-
Transferts
aux ménages (prestations sociales)
-
Les
charges d’intérêt
-
Transferts
de capital (aides à l’investissement)
Evolution de la dépense publique
En 2007, la dépense publique s’élevait à 991 milliards
d’euros (52,4% du PIB). Elle était composée en majorité des charges de
prestations sociales (44,1%) et des dépenses de fonctionnement (35,1%). Les
dépenses relatives à la charge de la dette sont environ de 10%. Au niveau des
collectivités locales, les dépenses de fonctionnement constituaient la moitié
des dépenses, le reste étant majoritairement constitué des dépenses d’investissement
et des dépenses sociales.
La part des dépenses publiques dans le PIB a augmenté en
plusieurs décennies. Elle représentait environ 35% de la richesse nationale
produite en un an (PIB) dans les années 60. C’est dans les années 90 qu’elle a
atteint la moitié du PIB. Cela vient de la progression très nette des
prestations sociales, mais également de la charge de la dette, qui s’est accrue.
En effet, les dépenses de fonctionnement sont restés relativement stables, et
les investissements ont même reculé pendant une période, puis à nouveau augmenté
depuis les années 2000, du fait de l’investissement local. Le poids de l’Etat
s’est donc réduit.
Mais il faut tenir compte des évolutions marquées par l’étape
II de la décentralisation. Ainsi, les collectivités locales se sont par exemple
vues confier la gestion du RMI ou celle des lycées. Cela explique la
progression des dépenses locales depuis les années 1980 (première vague de
transfert de compétences). Mais la dépense locale a diminué dans les années 1990,
avant de repartir dans les années 2000. Cela est dû comme nous l’avons dit plus
haut aussi bien aux dépenses de fonctionnement qu’aux investissements.







