Influence des politiques économiques
L’influence
des théories keynésiennes et libérales sur les finances publiques.
L’Etat providence que la France a progressivement intégré tout
au long du siècle dernier a une influence nécessaire sur les finances
publiques.
De l’Etat gendarme à l’Etat providence
A la différence d’un Etat gendarme qui laisse la société
vivre d’elle-même en effectuant les seules tâches régaliennes qui lui
incombent, l’Etat providence se caractérise par l’intervention de l’Etat dans la sphère publique. L’Etat intervient
alors économiquement et socialement dans tous les domaines de la société ;
il ne s’agit plus de satisfaire les stricts besoins collectifs de la nation. L’Etat
devient acteur politique, économique
et social.
Cette conception de l’Etat va venir bouleverser les finances
de l’Etat moderne. Les principes
classiques vont en effet être abandonnés ; le principe de neutralité
budgétaire n’a en effet plus de raison d’être puisque les finances publiques ne
doivent justement plus l’être pour montrer leur utilité. L’interventionnisme
étatique, c’est l’instrumentalisation
du budget, qui devient un outil de la politique gouvernementale.
Cela montre la croissance continue de l’Etat dans les
finances publiques. La « logique providentielle » est donc
caractéristique de l’Etat démocratique moderne.
L’influence keynésienne
Keynes montre au début du siècle dernier l’importance des
finances publiques. Cet élément autrefois neutre peut être utilisé pour
améliorer une situation économique altérée. Afin de stimuler la croissance, ont
augmente les dépenses publiques, ce qui permet aux agents économiques de
disposer d’un meilleur pouvoir d’achat ; puisque le pouvoir d’achat des
ménages est augmenté, la demande s’accroit. L’offre va ainsi augmenter pour
s’équilibrer. L’offre est de cette façon relancée.
Mais cette relance
ne peut se faire par le respect du principe d’équilibre budgétaire. Pour que
des fonds plus importants soient utilisés, il faut que des budgets déficitaires
soient votés. L’Etat n’hésitera finalement pas à dépenser plus qu’il ne
perçoit, suivant ainsi la théorie keynésienne. L’équilibre budgétaire est donc
abandonné en pratique (bien qu’il reste un principe budgétaire), et les
dépenses publiques explosent. Parallèlement, les recettes augmentent également,
par l’accroissement constant des impôts. Malgré cela, les dépenses augmentent
plus que les recettes. C’est ce que montre un économiste allemand, Wagner, au
travers de son explication, la « loi
Wagner » : les dépenses publiques connaissent un développement
continu du fait de facteurs :
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Historiques
-
Complexification
de la société humaine qui se développe ; les actions des hommes doivent
donc être régulées, et l’Etat ne peut rester neutre.
-
Les
guerres obligent les Etat à intervenir dans l’économie pour soutenir l’effort
de guerre.
-
L’Etat
démocratique a d’importantes missions d’intérêt général, qui rendent nécessaire
un plus grand interventionnisme. Le service public par exemple est régi par le
principe de gratuité, ce qui oblige l’Etat à augmenter les dépenses publiques
pour satisfaire les besoins du peuple. L’Etat démocratique est en effet un Etat
qui coute cher.
L’influence libérale
Les thèses libérales qui se développent au cours du 18e siècle vont largement
influer sur la conception de l’Etat. Elles reposent sur la méfiance à l’égard
du pouvoir étatique, qui se voit limité, notamment par la séparation des
pouvoirs. C’est donc afin que l’Etat n’ait pas trop d’influence que l’Etat va
limiter son exercice aux fonctions régaliennes.
L’Etat gendarme a pour conséquence l’impossibilité d’agir dans la sphère des
entreprises et personnes privées, qui, par le jeu de la main invisible de
Smith, régulent seuls leurs échanges.
Cette vision de l’Etat a d’importantes conséquences
budgétaires :
-
Le
budget n’est pas un instrument de la politique, il est neutre. Les thèses libérales considéraient en effet que
l’intervention de l’Etat était inutile puisque la satisfaction des besoins
personnels conduisait nécessairement à l’état d’équilibre.
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Les
recettes et les dépenses sont limitées
puisque l’Etat est minimal. L’impôt doit être le plus bas possible, et n’a pour
seul but que de couvrir les dépenses.
-
L’équilibre budgétaire doit toujours se vérifier
puisque les dépenses doivent exactement couvrir les recettes.
L’Etat démocratique se caractérise donc par une intervention
importante de l’Etat, qui toutefois ne dépasse pas les limites de la sphère
privée (à la différence d’un Etat totalitaire).

