Annualité
Principe
d’annualité
La loi de finances
s’établit pour une année civile comme l’énonce l’article 1er de la
LOLF : « l’exercice s’étend sur une
année civile ». En conséquence, l’exécution de la Loi de finance
s’effectue du 1er janvier au 31 décembre, sans dépassement possible.
En ce sens, l’autorisation parlementaire n’est donnée que pour cette même
année, et la loi de finance doit ainsi être votée dans le courant de l’année
n-1.
La loi de finance
constitue donc une loi particulière puisqu’elle a une limitation de durée.
Evolution
du principe
Ce principe
fondamental relatif à la loi de finance a été consacré en 1791, puis repris par la loi du 26 mai 1817, puis par l’ordonnance
de 1959, et enfin dans la loi organique de 2001.
Le recours à la règle
de l’annualité s’explique par le fait qu’elle a été élaborée à la suite de la
Révolution. Dans ce cadre, les révolutionnaires souhaitaient un meilleur
contrôle du Parlement, et surtout une plus grande fréquence de participation de
celui-ci. C’est en conséquence de ce contexte et de ces volontés que
l’annualité a semblé être un bon remède. En effet, si la période avait été trop
courte, les débats auraient été trop nombreux, et auraient ainsi empêché la bonne action
gouvernementale ; au contraire, si la période avait été plus longue, le
contrôle parlementaire n’aurait pu être suffisant. Malgré ces considérations,
il convient de rappeler que le 19e siècle a connu un renforcement
significatif du rôle du Parlement, ayant conduit à ce que l’on nomme un
parlementarisme absolu. Ainsi, le Parlement avait fini par tout contrôler de
manière trop forte, et ce, également en matière financière.
Certains aménagements
à cette règle ont tenté de se mettre en place. C’est ainsi notamment que les
lois de finances pour 1923 et 1924 ont été mise en place dans le cadre de budgets biennaux. Aussi, Gaston
Doumergue avait proposé la reconduction
des crédits dans les cas où la loi de finance pour l’année suivante n’avait pas été adoptée.
Mais ce n’est qu’après
la Seconde Guerre mondiale, avec l’accroissement de l’Etat Providence, que des
arguments nouveaux vont se mettre en place. En effet, les services publics
s’intensifient et les investissements aussi. Ainsi, se pose la question de la
possibilité d’allier les besoins d’investissements, d’équipements, avec la
règle de l’annualité. André Philip proposera alors en 1953 d’établir des lois
de finances se projetant sur la période d’un mandat parlementaire, c'est-à-dire
5 ans ; cependant, cette idée
sera rejetée.
Afin d’allier les
besoins avec un contrôle suffisant du Parlement, certains assouplissements ont
été mis en place. Si la règle de l’annualité s’applique à la loi de finances,
des altérations ont dû être établies.
Exceptions
au principe
Autorisations d’engagements
Avant 2001, il
existait les autorisations de programme. Prises sur plusieurs années, elles
permettaient de financer les investissements.
Il s’agissait alors de
déterminer les obligations des ministères dont résulterait une charge. C’est de
cette charge que des crédits pourront par la suite être ouverts.
Lois de programmes
Comme une loi
ordinaire, elle est votée par le Parlement, et n’ouvre pas de crédits.
Seulement prévues par
la Constitution, la LOLF ne les reprend pas, bien que présentes dans
l’ordonnance de 1959.

