Aux origines de la pensée
Aux origines de la pensée
La pensée antique n’est pas une pensée économique au sens propre, mais elle fait appel, par le biais de la philosophie à des concepts économiques intéressants.
Les premières réflexions relatives à la richesse apparaissaient donc dès l’Antiquité, au IVe siècle avant notre ère. C’est à cette époque qu’on va réfléchir à un meilleur mode de formation sociale. Les penseurs considèrent en effet que le lien économique se trouve à la base du lien social ; une liberté individuelle est donc nécessaire. A l’époque antique, on croit à un ordre naturel, sur la base duquel se fondent des principes moraux. L’économique se trouve être en dehors de ces principes puisque basé sur l’égoïsme.
Si le terme « économie » vient de Xénophon, élève de Socrate, les réflexions relatives à l’économie concernent beaucoup d’autres penseurs.
Pensée grecque
A l’époque où la philosophie est reine, les hommes se posent déjà les questions relatives à leur existence au sein d’un groupe, et à la nécessité d’accomplir un travail pour subsister. Il n’y a donc pas d’économistes à cette époque, néanmoins, certains philosophes réfléchissent à cette question.
Platon [+],
Dans La République, il imagine une cité parfaite fondée sur la division du travail ; chaque homme y est spécialisé dans une activité. C’est en fonction des aptitudes de chacun que le système est crée ; les classes inférieures sont ainsi chargées de la vie économique (ce sont elles qui travaillent), alors que les classes dites supérieures se chargent de la politique. Il envisage également un communisme intégral, et donc une société sans propriété privée. Il existe donc des communautés de femmes, d’enfants.
Aristote [+] évoque la question économique dans deux de ces écrits : Politique et L’Ethique à Nicomaque.
Il s’oppose au communisme de Platon, qui selon lui ne permet pas l’ordre au sein de la société. Au contraire, la propriété privée est pour lui synonyme de paix sociale car les hommes ne prennent pas soin de ce qui ne leur appartient pas directement. Ainsi, on ne peut faire reposer une société sur la mise en commun des biens. Aristote opère également une distinction entre l’économie (qui signifie l’autoconsommation, et donc le travail directement pour se nourrir) de la chrématistique (l’acquisition de richesses, et donc la consommation), en se fondant sur le même postulat que Platon : le but même de la vie ne doit pas être l’accumulation de richesse. Selon Aristote, l’acquisition de richesses « naturelle » (et donc nécessaires à la vie) permet la satisfaction naturelle et la survie du groupe. En revanche, il existe une forme dégénérée de la chrématistique, la "chrématistique mercantile" par laquelle on acquiert des biens à outrance, des biens superflus. On voit ainsi la distinction entre les biens utiles à la vie, et les biens superflus. L’activité économique doit donc se limiter à la satisfaction des besoins familiaux, et ne pas rechercher l’enrichissement, sans quoi elle remet en cause l’ordre naturel.
Pensée romaine
La période romaine reposait plutôt sur les besoins de conquête que sur les échanges commerciaux. La pensée économique est donc limitée à cette époque. Néanmoins, on peut signaler que cette pensée visait essentiellement à renforcer les institutions afin de développer l’économie.
Moyen-âge
Saint Thomas d’Aquin [+], grand penseur de cette époque, considère, en reprenant la pensée d’Aristote, que la propriété privée seule permet de mettre de l’ordre car chacun sait ce qu’il doit faire. De même, il condamne tout autant le prêt à intérêt car l’accumulation des richesses ne doit pas être une fin en soi ; de plus, il pense que le crédit sert à certaines personnes pour survivre et qu’on ne peut leur demander plus d’argent alors qu’ils n’en ont pas.
Cependant, à cette époque, le travail et l’activité économique ne sont plus condamnés car la Terre doit être dominée, et le travail permet cela en agissant dessus. [+]

