La monnaie

Qu’est-ce que la monnaie ?

Autrefois, le troc permettait les échanges de biens entre individus. Mais il est très difficile de trouver les biens souhaités à échanger au bon moment et avec une personne qui souhaite également à ce même moment prendre son bien. Les protagonistes de l’échange devaient en outre estimer la valeur du bien qu’ils souhaitaient échanger, et qui devait correspondre à la valeur des deux biens à échanger. Il a donc été nécessaire de créer quelque chose qui représenterait la valeur du bien que l’on souhaite échanger afin de pouvoir s’en servir à tout moment sans rechercher une personne qui aurait le bien qu’on convoite.

Définition

On peut considérer que la monnaie permet l’échange de bien entre individus. C’est l’échange entre individus qui va lui donner une valeur.

Autrefois monnaie nationale, la monnaie ne dépassait pas les frontière. La création de l’euro a modifié cette ancienne configuration. Aussi, une monnaie peut être internationale ; le dollar a aujourd’hui cette place.

L’utilisation de la monnaie métallique a permis un transport facile et une durabilité. Les différentes évolutions ont conduit l’apparition de la monnaie frappée (une valeur fixe est alors donnée lors de sa fabrication). Le prix ne résulte donc pas du cout de sa fabrication, mais de la valeur qu’on lui donne. Un billet peut avoir une valeur très importante au contraire de la valeur du papier lui-même.

A quoi sert la monnaie ?

La monnaie permet les échanges, on conservant une réserve de valeur. En effet, à l’inverse du troc qui supposait de fixer une valeur du bien préalablement entre les deux co-échangistes, la monnaie permet d’établir le cout d’une chose de manière fixe, ce qui permet le calcul économique. En effet, la monnaie permet les comparaisons entre les biens ou les services, et donne la possibilité pour les consommateurs par exemple de mesurer son pouvoir d’achat.

La monnaie permet également, contrairement au troc, de se conserver. Le troc rendait nécessaire la rencontre de deux échangeurs qui souhaitent échanger un bien au même moment. Au contraire, la monnaie conserve sa valeur pour permettre les échanges à n’importe quel moment. Ainsi, la monnaie permet l’investissement, puisque sa valeur doit rester stable.

La monnaie enfin a une valeur sociale. Elle exige la rencontre entre individus qui vont échanger. Elle apporte des rapports qui pourront être fondés sur l’inégalité (patrons/salariés) par exemple. La monnaie assure donc son rôle social en donnant une place différente aux individus et en les faisant se rencontrer.

Types de monnaies

Différents types de monnaies existent. Il convient de les différencier :

§  Monnaie scripturale : il s’agit des dépôts établis dans les établissements bancaires.

§  Monnaie fiduciaire : il s’agit des billets de banque. Cette monnaie apparue au XVIIe siècle, a permis d’obtenir une plus grande sécurité mais aussi une meilleure rapidité dans les échanges. Au départ simple substitut à la monnaie métallique, le billet pouvait être échangé contre les métaux précieux.

§  Monnaie divisionnaire : il s’agit des pièces de monnaie, et donc de la monnaie métallique.

Le billet de banque et la monnaie métallique ne sont donc que des moyens d’échanges physiques de biens et de services de la monnaie scripturale.

La question de la contrepartie des billets de banque s’est posée au XIXe siècle. En effet, on considérait auparavant que les billets n’étaient que la contrepartie en papier de l’argent dont on pouvait disposer. Mais rapidement, les banques se sont tournées vers une nouvelle approche, plus lucrative : on émettait des billets alors même que l’encaisse métallique des banques ne pouvait assurer la contrepartie. Le billet n’était alors plus convertible en or. Cette possibilité existe aujourd’hui toujours, même si elle n’a pas existé de manière continue dans le temps. Il convient également de rappeler que deux écoles se sont opposées sur cette question :

Þ      La currency school (dont faisait partie David Ricardo) considérait que l’encaisse or devait être équivalente à l’émission de billets.

Þ      La banking school au contraire laissait une liberté aux banques qui pouvaient émettre des billets sans disposer de l’encaisse en or.

L’Acte de Peel de 1844 a accru la monnaie scripturale, et donc les mouvements bancaires, en s’opposant à la currency school. Puisque les banques pouvaient délivrer plus de billets que ce qu’ils représentaient en or, la monnaie fiduciaire s’est également accrue.