Spécialité des crédits
Principe
de spécialité des crédits
Les deniers publics
doivent être répartis entre les différents ministères afin que les politiques
de chacun soient aisément mises en œuvre. Ainsi, les crédits ouverts et
autorisés par le Parlement seront attribués spécifiquement, c’est ce qu’on
appelle la ventilation des deniers publics.
Auparavant, l’unité de
base était le chapitre budgétaire ; la loi de finance était alors votée
chapitre par chapitre. Mais cette méthode, jugée trop longue pour parvenir à un
vote avant la fin de l’année n-1, a du être remplacée.
C’est ainsi que
l’ordonnance de 1959 met en place des :
-
Services votés : ils concernent les 9/10e
des crédits votés
Il y a peu de discussion relative à ces crédits, car ce sont
essentiellement des reconductions de crédits de l’année précédente
-
Mesures nouvelles : elles concernent le 1/10e
des crédits votés,
La discussion se base essentiellement sur ces nouveaux
crédits.
Cela engendre une
reconduction de la majorité des crédits sans que ceux-ci fassent l’objet d’une
discussion et ainsi une augmentation systématique des crédits. Cela avait
permis d’alléger le vote.
La LOLF est allée
encore plus loin en mettant en place une nouvelle spécialisation des crédits
budgétaires. Les nouvelles mesures prises relèvent de la volonté de performance
et de résultat caractéristique de la loi organique de 2001.
Les crédits sont donc désormais
spécialisés par mission, programme et action. La mission regroupe donc
plusieurs programmes de différents ministères. Les programmes, au sein d’un
même ministère, et au nombre de 135 environ, mettent en place des actions.
La distinction entre
les services votés et les mesures nouvelles a disparu. Les crédits sont en
effet adoptés mission par mission. Au sein d’une même mission, les crédits
accordés aux programmes peuvent être modifiés afin d’être accordés à un autre
programme de la même mission. Mais ce droit d’amendement est encadré par
l’article 40 de la Constitution : celui-ci interdit de créer ou d’alourdir
une charge publique. Les crédits d’une mission ne peuvent donc pas être
modifiés.
Dérogations
au principe de spécialité
Le principe de
spécialité contient des exceptions.
Les crédits globaux :
-
Il
s’agit de dotations pour dépenses accidentelles et imprévisibles : financement des catastrophes publiques
-
Il
s’agit de dotations pour les mesures générales en matière de rémunération : financement en
cours d’année de politiques sectorielles
Virements de crédits :
Au sein d’un même
ministère, les crédits peuvent être affectés à d’autres crédits.
Ce principe consacre
dans une certaine mesure la possibilité de passer outre l’autorisation
parlementaire. Ainsi, des limitations à ce principe existent : les
virements de peuvent excéder plus de 2% des crédits ouverts.
Transferts de crédits
Dans ce cas, les
crédits ne changent pas en eux-mêmes, seule leur destination change. Les
crédits gardent en effet leur nature, mais sont transférés à un autre ministère.
Fonds spéciaux
Fonds dont le montant
n’est pas précisément déterminé, ces « fonds secrets » se destinaient
au financement des services secrets, mais également au gonflement des
enveloppes ministérielles. Alors qu’ils font l’objet de dissimulation, Lionel
Jospin, en période de cohabitation dénonce une pratique de Jacques Chirac,
mettant ainsi relativement fin aux pratiques floues.
Les fonds spéciaux
sont désormais utilisés en matière de sécurité du territoire seulement.
Budget des Assemblées
Les budgets des deux
Assemblées sont établis de manière distincte. Pourtant, ils font l’objet d’une
même inscription globale.

