Le travail

Le mot travail vient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture, et du mot labor, qui signifie « fatigue », « peine ». Cette signification montre la pénibilité du travail. Les esclaves de l’Antiquité révélaient cette connotation et confirmaient que les seuls hommes libres pouvaient être ceux qui étaient déliés de toute contrainte du travail. Mais les idées ont depuis lors évolué, et on croit désormais en l’accomplissement de soi par le travail.

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Le travail
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Bienfaits du travail ?

Le travail est nécessaire à faire vivre les hommes ; la nature ne lui suffit plus lorsqu’ils se regroupent. Les hommes doivent donc travailler ; les esclaves s’en chargeaient auparavant, mais les Lumières vont raviver l’image que les hommes se font du travail. Selon eux, le travail libère l’homme de son ennui et permet le progrès.

C’est donc progressivement que le travail s’est révélé être un moyen d’accomplissement personnel. Aujourd’hui, les hommes veulent travailler, cherchent du travail, et s’ennuient généralement lorsqu’ils n’en ont pas. On considère désormais que le travail permet de s’émanciper puisqu’il donne des ressources déterminantes pour l’évolution de sa vie. Selon Pascal, le travail est un moyen de se divertir, d’oublier sa condition, et donc d’oublier la pensée de la mort.

Conditions de travail

Evolution

L’évolution technique, les nouvelles organisations du travail ont conduit à de nouveaux modes de production, entrainant ainsi d’importantes conséquences au niveau des conditions de travail. L’ère industrielle a apporté avec elle une division du travail, un travail à la chaine et des conditions de travail difficiles. On est ainsi parvenu à une déshumanisation, déjà condamnée par Marx. Celui-ci considérait le travail comme aliénant ; les travailleurs sont exploités, ils ne travaillent qu’en échange d’un salaire, et au profit de celui qui les exploite. Charlie Chaplin montre ainsi d’un regard amusé les difficultés du travail à la chaine dans Les Temps Modernes.

La condamnation de ces conditions de travail et l’avancée technologique vont conduire à plus d’humanisme. Les machines remplaçant progressivement les hommes dans les tâches difficiles, et ils deviennent plus des « contrôleurs » de ces systèmes que des travailleurs. L’informatique a donc contribué à la mutation du travail, qui de ce fait a vu sa durée diminuer. Les hommes disposent donc désormais de d’avantage de temps libre, ce qui confirme l’aspect libérateur du travail. Mais il convient de signaler que les travaux pénibles et répétitifs retirent cet avantage. Aussi, les pays ne considèrent pas tous de la même manière le travail et les modes de production aliènent toujours au sens de Marx les travailleurs de certains Etats du monde.

Revendications

Les conditions de travail ouvrières ont été remises en cause dès l’ère industrielle. Les lois ont permis de limiter les dégâts de cette condition ; on veut alors établir une législation protectrice du salarié. Dans cette optique, les ouvriers se battent pour que leurs droits soient établis. Le gouvernement finira par prendre en considération cette lutte, et on assistera ainsi à la mise en place de la première loi importante à ce niveau qui est celle de 1841 relative au travail des enfants, par laquelle la durée de travail est limitée pour les mineurs de moins de 16 ans. Mais c’est bien la loi de 1884, loi Waldeck-Rousseau, qui crée le droit du travail en autorisant la création de syndicat. C’est donc par la suite, en 1895 que la Confédération générale du travail (CGT) est crée. Cette création va ainsi permettre de mieux appuyer les revendications ouvrières et d’améliorer les mesures mises en place pour les ouvriers. Plusieurs lois sont donc édictées dès le début du 20e siècle, puis c’est en 1936 avec le Front Populaire que les congés payés vont véritablement permettre aux ouvriers de mieux vivre. Ce sont ensuite les lois relatives à la durée maximale hebdomadaire qui se mettent en place avec celles relatives à la durée de 39 heures, puis de 35 heures. Des garanties sont également établies : le SMIG qui deviendra le SMIC, le droit du licenciement…

Aujourd’hui, la logique est moins la revendication que la négociation entre le gouvernement et les syndicats. On recherche surtout le compromis, l’entente, et plus tant l’affrontement.

Situation actuelle

Le travail autrefois bien rémunéré a bien changé. L’évolution des technologies, et notamment internet a contribué à diminuer le prestige de certaines professions ; mais elle a en même temps conduit à en revaloriser d’autres. On aboutit ainsi à une moyennisation des emplois. Aussi, on considère aujourd’hui que le travail est un moyen de réussite sociale, et donc un moyen de s’épanouir dans la société. La vision du travail a donc beaucoup évolué du fait des technologies avancées, des différentes législations et des négociations effectuées.

Le chômage qui a suivi l’époque des trente glorieuses a conduit à aménager différemment le travail lui-même. Différentes mesures sont imaginées pour contrer un chômage persistant dû d’une part au premier choc pétrolier, d’autre part à l’arrivée de main d’œuvre à bas cout. On met donc en place d’autres forme de travail ; c’est dans ce cadre qu’apparaissent le travail temporaire, le travail à temps partiel ou encore le Contrat à durée déterminée (CDD). Ces formes vont par la suite engendrer une précarisation du travail, avec des salariés qui ne disposent plus d’emploi stable et donc de revenus stables. Ces modifications ont aussi fait émerger les « travailleurs pauvres », et donc la précarité des travailleurs.