Mise à jour : décembre 2012

Fondements

La notion d’Europe apparaît dès le Moyen Age, époque à laquelle on recherche l'unité chrétienne. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, les conceptions de l’Europe varient : on passe d’une coexistence instable à une Europe unifiée par les conquêtes, pour finir avec une volonté plus contemporaine d’une Europe solide permettant la coopération économique entre les Etats.

L'idée européenne

En réaction à certains évènements (coup de Prague, Kominform), les Etats d’Europe avaient décidé de créer une organisation favorisant la paix entre les peuples par le renforcement de leur coopération dans certains domaines. Les tensions qui animent les deux blocs les incitent à former une organisation qui s’en éloigne et s’indépendantise par leur économie, mais également par leur politique. Si des différences existent entre les pays qui souhaitaient coopérer au sein d’une communauté européenne, tous avaient en tête l’idée de garantir une paix durable sur le Continent. Conscient de l’échec du traité de Versailles, les Etats veulent créer des liens durables qui reposent sur des intérêts communs ; la convergence des intérêts favorise en effet la bonne entente entre Etats. Mais les objectifs sont avant tout économiques : les pays européens souhaitent construire une économie favorable au commerce, qui repose sur de solides bases.

On pensait déjà bien avant la guerre à créer une organisation destinée à maintien de la paix ; celle-ci ne vit pas le jour (de la même façon qu’au 19e siècle avec le mouvement pan-européen). Avec la fin de la Seconde guerre mondiale, les volontés européennes doivent composer avec ceux qui remettent l’Europe sur pied, les Etats-Unis. La reconstruction ne peut en effet se faire sans leur aide. Mais, au départ peu favorables à la construction de l’Europe, les Etats-Unis vont tout d’abord se montrer réticents à l’élaboration d’une coopération entre les Etats d’Europe. C’est finalement leur enlisement dans la guerre froide qui va changer la donne : les américains souhaitent désormais créer un contrepoids à la menace soviétique. C’est ainsi qu’ils vont rapidement considérer nécessaire la constitution d’une Europe sur laquelle ils conservent leur influence par le biais du Plan Marshall. Dans ce cadre, Winston Churchill annonce en 1946 sa volonté de créer les Etats-Unis d’Europe. De cette première idée découlent des mouvements d’opinion comme l’Union européenne des fédéralistes ; néanmoins, les prémices du mouvement européen n’apparaissent réellement qu’en 1948. En effet, c’est lors d’un Congrès à la Haye, et sous la présidence de Churchill, que se dessineront les premiers traits de l’Europe.

Les difficultés soulevées par la construction européenne

La difficulté réside dans l'alliance entre un organe politique unifié et la conservation de l’indépendance étatique. La construction européenne conduit en effet à remettre en cause les grandes notions propres à l'Etat souverain.

  • Etat-nation : association entre un cadre institutionnel et juridictionnel et une appartenance culturelle et morale. L'Union européenne met à mal cette conception, les Etats membres n'étant pas liés par une histoire commune. Néanmoins, les systèmes politiques et économiques de ces Etats sont équivalents, ce qui favorise leur rapprochement.
  • Souveraineté : les Six livres de la République de Bodin annoncent l’idée que la souveraineté légitime le pouvoir. L'Europe remet en cause l'idée de souveraineté nationale, car celle-ci n'est plus absolue et illimitée, mais partagée. Néanmoins, l'intégration européenne ne conduit pas au renoncement de la souveraineté des Etats membres ; chaque Etat participe aux prises de décisions de l'Union.
  • Frontières : elles montrent l’appartenance à un peuple, à une culture ; elles sont souvent source de conflits. Les frontières nationales sont progressivement abolies par la construction européenne, sous l'effet du marché unique ou des accords de Schengen. Aujourd'hui, c'est la question des frontières entre l'Europe et le reste du monde qui pose problème ; l'intégration d'Etats éloignés géographiquement pose en effet la question des frontières de l'Europe.
  • Citoyens : les valeurs citoyennes apportent une dimension éthique qui influence les droits individuels. Les valeurs actuelles donnent une importance toute particulière aux droits humains, importance qui se retrouve dans le droit communautaire. Néanmoins, la notion de citoyen européen n'est pas entré dans les esprits malgré les tentatives des dirigeants. La citoyenneté européenne n'apporte en effet aujourd'hui rien de plus que la citoyenneté nationale et la montée des mouvements anti-européens freine son importance.