Mise à jour : mai 2014

JO de Sotchi

La Russie a accueilli pour la première fois les Jeux olympiques d’hiver, à Sotchi, station balnéaire située près des monts du Caucase, sur les bords de la mer noire.

Un emplacement singulier

En 2007, la ville de Sotchi était choisie par le comité olympique pour les Jeux olympiques d’hiver 2014.

D'un lieu de villégiature du temps de Staline, la ville s'est transformée en lieu stratégique avec l'arrivée au pouvoir de Poutine. Staline avait en effet fait de Sotchi un lieu de villégiature pour les politiques durant l’ère soviétique, avant d’être délaissée après la chute de l’Union soviétique. Lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, il a souhaité redonner à Sotchi sa grandeur passée. Pour lui donner une dimension internationale, le président y a ainsi convié différents chefs d’Etats, à l’image de Georges Bush en 2008, avant de proposer la ville aux Jeux olympiques.

La ville de Sotchi, ville de près de 400 000 habitants, est cependant située en bordure d’une région instable, fragilisée par les séparatismes et menacée par le terrorisme islamiste. Elle se trouve en effet près des monts du Caucase et des frontières géorgiennes. Cette situation particulière explique l’importance des moyens mis en œuvre pour assurer la sécurité de la région.

De plus, la région de Sotchi bénéficie d’un climat subtropical, proche de celui de la Méditerranée, et donc peu enclin à recevoir des JO d’hiver.

En outre, la ville comportait peu d’infrastructures indispensables à la tenue de Jeux olympiques. Ainsi, la quasi-totalité des structures sportives ont dû être créées pour l’occasion : nouvelle ligne ferroviaire, construction de ponts, construction d’une gare, création d’autoroutes, transformation de l’aéroport, etc.

Une sécurisation renforcée

Pour assurer la sécurité de la petite station balnéaire de Sotchi, 100 000 militaires ont été déployés. Le gouvernement russe tentait ainsi de dissuader les militants islamistes d’une nouvelle attaque contre le pays. Dans une vidéo diffusée quelques semaines avant l’ouverture des Jeux olympiques, deux djihadistes avaient en effet revendiqué le double attentat commis à Volgograd fin 2013.

La ville a ainsi été placée sous surveillance renforcée : déploiement de 37 000 policiers, de dizaines de drones, pistage des communications Internet et téléphoniques par le Service fédéral de sécurité (FSB), mise en place d’autorisations de circuler à Sotchi, fouilles dans les gares et les aéroports… Et en septembre 2013, les 300 000 résidents de Sotchi ont reçu la visite de policiers qui leur a permis de conserver de nombreuses informations personnelles (données de passeport, numéros de portables, etc.).

Une situation qui s’explique par la géopolitique de la région

La cité balnéaire de Sotchi est située à la frontière de la chaîne montagneuse du Caucase, régions dans laquelle sont recensés une quarantaine de langues et différents groupes ethniques. Elle est donc le lieu idéal pour les groupuscules armés.

Après la chute de l’Union soviétique, les peuples de la région ont été intégrés à de nouveaux Etats, créant d’importants conflits de territoire. Suite à ces conflits, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont proclamé leur indépendance avant d’être reconnues par la Fédération de Russie.

Mais la région du Caucase est également tristement célèbre pour les deux guerres que la Russie a mené au sein de la République de Tchétchénie. Le conflit, qui perdure encore aujourd’hui, est né de sa proclamation d’indépendance en 1991. Et progressivement, avec ce conflit est apparue la menace terroriste ; l’islam radical menace désormais de se propager le long de la Volga, dans l’Oural, et en Sibérie occidentale.

Ainsi, depuis 2007, Dokou Oumarov, un Tchétchène affilié à Al-Qaida prône la création de l’Emirat du Caucase, Etat islamiste qui s’étendrait de la mer Noire à la Caspienne. Son organisation a été soupçonnée de planifier des attentats contre les Jeux olympiques de Sotchi.

Un coût démesuré

Les Jeux de Sotchi ont été les plus chers de l’histoire des Jeux : 37 milliards d’euros, contre 26 milliards pour les JO de Pékin.

Le montant des Jeux, leur emplacement et les soupçons de corruptions qui pèsent sur eux sont autant de facteurs qui expliquent la vive contestation des militants des droits de l’homme. On a en effet estimé qu’entre 20% à 50% des fonds destinés à couvrir les dépenses des Jeux avaient servi à alimenter la corruption.