Parti socialiste

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PARTI SOCIALISTE

Les premiers socialistes n’attirent que peu de partisans, puisque fondé principalement sur des théories utopiques, non suffisamment ancrées dans la réalité. N’ayant aucun réel débouché concret, le parti ne parvient pas à rassembler.

Pourtant, Marx reprend le flambeau d’une toute autre manière, en élaborant un socialisme historique. Tourné vers la condition ouvrière difficile propre à la société industrielle naissante, le nouveau socialisme cherche à défendre leur cause. Les moyens de destruction du capitalisme qu’il refuse entièrement hésitent entre un mouvement révolutionnaire et une action pacifique. Si le mouvement de la Commune de Paris de 1871 n’est pas un véritable succès, certains socialistes souhaitent s’engager vers une révolution prolétarienne.

La Confédération générale du Travail (CGT) se fonde suite à la reconnaissance du droit syndical en 1884. Pourtant le socialisme qui s’installe progressivement se découpe en plusieurs mouvements n’usant pas des mêmes méthodes : les guesdistes représentent l’idéologie marxiste à travers le parti ouvrier français (POF). De leur côté, les blanquistes qui incarnent la concurrence du POF par le Comité Révolutionnaire central. D’autres mouvements comme les réformistes, les allemanistes… Mais le POF et les néo-blanquistes se regroupent pourtant au sein du PSDF en 1902 afin d’acquérir plus de poids. Mais malgré un nombre important d’adhérents, le parti n’obtiendra pas de bons scores électoraux.

Les divers mouvements du socialisme politique se regroupent le 23 avril 1905 au sein de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). C’est le premier parti de masse à se constituer, autour de personnalités comme Jean Jaurès, qui permettront aux ouvriers d’améliorer et de lutter en faveur de leur volonté. Contre les partis de cadre, ils réclament des droits économiques et sociaux.

Le parti recueille 101 élus lors des élections législatives de 1914, même si il ne regroupe que 80 000 adhérents. Ces derniers, et notamment leurs dirigeants, sont principalement issus de professions libérales et non ouvrières. Avec la CGT, il rejoint la politique d’union sacrée ; mais la guerre amènera à des divergences d’opinion concernant l’adhésion à la IIIe Internationale issue de la révolution russe. Ces conflits internes provoqueront la scission du parti en 1920 lors du Congrès de Tours. La majorité qui en ressort, et qui est favorable à cette adhésion va constituer le Parti Communiste Français ; la minorité qui reste à « garder la vieille maison », regroupée autour de Léon Blum conserve le parti tel qu’il est, avec la même appellation. Jusqu’en 1932 le PCF sera devancé par la SFIO ; ce dernier comptera 130000 adhérents en 1933 et obtient toujours une centaine de sièges d’élus aux législatives jusqu’en 1934.

Mais sous ces succès électoraux, les dissidences perdurent entre les marxistes et les socialistes qui souhaitent une plus grande intégration dans la réalité sociale. En 1932, comme ils l’avaient fait en 1924, les socialistes soutiennent E. Herriot.

Les mouvements fascistes qui se déclarent dès 1934 entrainent de fortes réactions à gauche. Un mouvement plus fort se met alors en place : il regroupe les communistes, les radicaux, et les socialistes. 500 000 personnes se réunissent lors d’une grève générale en 1935 et faisait appel aux radicaux, aux communistes et aux socialistes. Alors que ces derniers sont nettement majoritaires, tout cet engouement les encourage à se rassembler au sein du Font Populaire, s’opposant ainsi de manière franche au fascisme. Cette association permettra un succès lors des élections législatives de 1936 et amène cette même année de nombreuses réformes : congés payés, semaine de 40 heures…mais l’échec de la grève de novembre 1938 entraine la disparition du Front Populaire.

Au sujet de la guerre les divisions s’installent dans le parti entre les partisans et les opposants. Le même schéma se reproduira pour l’attribution des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

Après 1945, le Parti radical essoufflé et vieilli perd peu à peu de son électorat ; son inaction devant la donation des pleins pouvoirs à Pétain, et l’attachement des valeurs de la IIIème République n’attirent pas les foules. La SFIO perd également de son poids politique avec l’essor du Parti Communiste qui récupère de nombreux militants ouvriers, même si l’immédiat après-guerre n’est pas trop décevant puisqu’il voit l’alliance entre les socialistes et le MRP. Aussi, les divergences d’opinion ressurgissent, entrainant avec elles une diminution du nombre de militants. Alors que certains se tournent quelque peu vers un libéralisme, Mendès-France tente de rétablir le mouvement à gauche, et prend la présidence du parti en 1956. Puis le côté centriste de Faure l’amène à quitter la SFIO. Le gouvernement de Guy Mollet connait des échecs au travers notamment de la guerre d’Algérie ; le parti s’affaiblira nettement suite aux débats houleux reposant sur des avis diffèrent à ce sujet. Ainsi, la droite prend le pouvoir pour rétablir l’ordre en 1958 en la personnalité de Charles de Gaulle.

Certains fonderont la Parti Socialiste Autonome, que Mendès-France rejoindra en 1958, et qui formera après la fusion avec de petits mouvements le Parti Socialiste Unifié. François Mitterrand de son côté fonde la Convention des Institutions Républicaines en 1964. En 1965, les partis de gauche se rassemblent à travers la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), pour favoriser le candidat Mitterrand. L’accord se poursuit jusqu’en 1967 pour les élections législatives, se révélant être un succès, notamment grâce aux accords de désistement au second tour avec le PSU et le PCF. Si cette méthode tend à perdurer, elle se voit ralentie par les révoltes de 1968. Le parti change de nom en 1969 pour devenir le Parti Socialiste.

Le congrès d’Epinay de 1971 marque le début du renouveau socialiste, avec la nomination de François Mitterrand au poste de premier secrétaire. Il amène à de nombreuses réformes internes, à commencer par son programme « changer la vie », qui montre l’appartenance à gauche et la volonté de se placer du côté de ceux qui revendiquent à travers des mouvements sociaux. Un « programme commun de gouvernement » est signé entre le PCF et les socialistes en 1972. Cette relance annonce le début des succès. Cette réussite se confirmera par les élections présidentielles de 1974 qui voient le PS manquer de peu la présidence.

Incarnant plusieurs catégories sociales, le parti obtient des succès à toutes les prochaines élections, se gonfle de nouveaux militants, même si beaucoup sont des élus. Le parti commence alors à recueillir plus de voix que le PCF après la guerre et à peser dans la vie politique, et notamment lors des élections législatives de 1978.

La consécration du parti se produit lors de l’élection de François Mitterrand, et de l’obtention de la majorité absolue à l’Assemblée. Le nouveau président de la République nomme alors Pierre Mauroy, qui forme un gouvernement composé de quelques communistes. Mais le programme mis en place diffère quelque peu de leurs exigences premières, même si les 110 propositions se mettent en place. La politique de « rigueur » s’oppose au projet de lutte contre le capitalisme. Laurent Fabius succède à Mauroy, puis Jacques Chirac poursuit après le succès du RPR aux législatives de 1986. Malgré la période de cohabitation et les nombreuses manifestations du peuple, Mitterrand est réélu en 1988.

Les conflits ressurgissent en 1995 quant à la succession de Mitterrand. Deux candidats à la candidature s’opposent. Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui avait été premier secrétaire à la suite de Mitterrand, s’affrontent et ce dernier est choisi comme candidat à la présidentielle. Non élu, il sera pourtant investi en tant que premier ministre après le succès des élections législatives de 1997, suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale. François Hollande devient premier secrétaire.

L’élection présidentielle marquera un échec important pour le PS qui à travers la candidature de Lionel Jospin ne se retrouve pas au second tour le 21 avril 2002. Les conflits commencent à s’étendre et les avis de vote pour la Constitution européenne divisent. Certains appellent ouvertement à voter non, alors que d’autres font l’inverse conformément au vote des adhérents.

Si les élections présidentielles de 2007 ont vue leur représentante arriver au second tour, le Parti Socialiste ne parvient pas au pouvoir. Jean-Pierre Chevènement accusera même le manque de restructuration du parti. Depuis, le parti se relève difficilement de ses échecs, et les problèmes internes empêchent le parti d’être une véritable force d’opposition. La secrétaire du parti, Martine Aubry, tente de rassembler les militants.