Jean-Jacques Rousseau

Ajoutez un cours

Partager cet article

Partager sur facebook Partager sur delicious Partager sur digg Partager sur wikio Partager sur scoopeo Partager sur blogmarks

Rousseau

 

Auteur du 18ème siècle, sa vie à l’époque des Lumières apportera d’autant plus de matière à ses réflexions. Rationaliste en faveur de la démocratie, il élabore une souveraineté populaire qu’il ne pourra pourtant pas envisager de mettre en place à son époque.

Critique le développement des facultés intellectuelles, dans le domaine des arts et des sciences. Ce n’est pas un progrès qui donnerait une amélioration des conditions de vie, mais les raisons d’une décadence morale qui dirige les hommes vers l’attrait pour les choses futiles et le luxe. Et donc cela amène les inégalités sociales.

Etat de nature

Alors que l’état de nature se caractérise par l’égalité et la liberté, la société qui s’est crée ensuite devient source de tous vices, à travers nombre d’inégalités. La soumission des hommes ne doit pas être contraire à la nature.

Rousseau n’établit pas historiquement l’état de nature, mais hypothétiquement, dans le but d’éclaircir les choses. Pour lui à l’état de nature, pas de guerre de tous contre tous, mais état d’abondance, indépendance et innocence. Il n’y existe que deux sentiments naturels que sont le désir de conservation, l’amour de soi, et la pitié qui nous fait compatir aux douleurs des autres. Il n’y a aucun désir de domination dans cet état, ni de possession donc l’entrée dans un état de société n’est pas nécessaire car il n’y  pas de menace, ni de danger dans l’état de nature. Le pacte social se serait donc fondé à la suite d’évènements hasardeux, qui a dégradé leur état originel. L’état de guerre n’est pas naturel, mais provient de l’avènement de la propriété et l’inégale répartition des richesses ; c’est la constitution de la société qui rend l’homme méchant, il ne l’est pas naturellement. Les sociétés politiques ne sont pas légitimes car elles sont fondées sur un pacte d’aliénation de la liberté et de conservation des inégalités et injustice. Donc il faut refaire un nouveau contrat social qui garantirait l’égalité et la liberté.

L’état de nature se caractérise par la liberté, commune à tous les hommes ; même si la nature limite la liberté, étant la même pour tous, elle est considérée comme totale. Cette liberté est inaliénable, elle ne peut être l’objet de renonciation, même si l’état civil se caractérise par la privation d’une part de liberté. Il n’existe pas de domination fondée sur la nature, même s’il existe nécessairement des lois naturelles.

A l’état de nature, Rousseau n’établit pas de distinction majeure entre l’animal et l’homme à l’état de nature ; en effet, les hommes s’en distinguent en ce qu’ils sont animés par des passions, et aux désirs, mais ils n’existent que très peu à l’état de nature. Donc la distinction de l’homme et de l’animal tient moins de l’usage de la raison, mais la possibilité de développer ces passions et désirs latents, ce que Rousseau appelle la perfectibilité.

Pacte social

Rousseau ne voit pas dans la société un simple regroupement d’individus seulement attirés par leurs seuls intérêts égoïstes, mais la société est une communauté de citoyens qui tous ensembles œuvrent pour le bien commun. Le pacte social n’est pas un pacte d’aliénation au profit de l’entité politique supérieure. La liberté est inaliénable, elle est le fondement et la finalité de la communauté politique ; mais il s’agit non pas de la liberté naturelle qui n’avait pas de limites, mais de la liberté civile, fondée sur la loi.

Fonde la liberté civile sur l’égalité entre les citoyens, donc il faut une abolition des privilèges et des inégalités. Donc ses théories contribueront pour beaucoup à l pensée révolutionnaire.

Considérant que les hommes sont bons naturellement, l’enjeu principal consiste à établir un nouveau contrat qui entretiendrait les valeurs fondamentales d’autonomie, de liberté et d’égalité. L’Etat doit permettre d’assurer cette liberté, et si l’homme décide de ne satisfaire qu’à ses propres volontés, il cesse d’être libre. Il doit dont assembler la loi et la liberté pour que l’homme parvienne à assurer sa propre conservation.

Il faut donc mettre en place un pacte, qui est un « trust », c'est-à-dire que le peuple donne sa confiance au maitre.

Sous réserve du consentement populaire qui seul peut amener à édicter des obligations, le pacte donne une souveraineté sans faille au peuple. Les hommes donnent tous une partie de leur puissance pour l’attribuer à une entité supérieure ; l’unisson se fait par tous sans particularité, ainsi Rousseau considère de que l’homme « n’obéit ainsi qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant ». De plus cette soumission se fonde au profit d’une communauté fondée elle-même sur un contrat ; la masse d’individu formée ne peut avoir pour but que la volonté générale. Le consentement est effectif grâce aux avantages sécuritaires et indépendantistes de leur situation. En effet, le pacte instaure des principes de justice qui répondent à la préservation de la liberté et de l’égalité. Si la liberté est une notion essentielle, elle se soumet à la contrainte de a loi. La liberté n’est plus totale comme à l’état de nature, elle devient civile en comportant des limites. Pourtant l’homme ne se soumet pas à une entité supérieure puisque le pacte social s’effectue par les individus avec eux-mêmes.

Le contrat permet à l’homme d’acquérir ce qui fait de lui un être différent de l’animal. La liberté n’a pas une indépendance absolue, mais dépend de la nature, mais ce n’est pas une limite à la liberté car c’est la même pour tous.

L’individu en tant que membre participe et profite d’un rôle actif dans les affaires publiques. Mais aucun ne peut décider seul, et la souveraineté est indivisible et donc se fonde sur ce que Rousseau appelle la volonté générale.

Ce corps politique sera le Souverain, donc chacun sera un membre du Souverain. L’individu se situe entre d’une part la volonté du bien communautaire qu’il souhaite et d’autre part son bien particulier qu’il affectionne particulièrement ; en conséquence le citoyen a besoin d’un moyen pour lui guider sa volonté réelle, moyen qui trouve sa solution dans la consultation de l’assemblée du peuple, qui concentre la volonté générale du peuple. Donc les votes ne distinguent pas une majorité ou une minorité, mais si le citoyen était dans l’erreur ou dans la vérité, donc s’il est dans la volonté générale ou pas. Le citoyen doit d’après Rousseau connaitre la volonté générale pour connaitre sa véritable volonté. Concrètement la volonté générale s’établira par les lois, puisqu’elle leur donne une valeur universelle.

La volonté générale est indivisible en ce sens qu’aucune volonté particulière ne peut trouver satisfaction. Elle se distingue de la volonté de tous qui consiste en un somme des volontés de chacun ; au contraire, la volonté générale décrit une volonté commune d’atteindre un engagement non personnel. Elle est également inaliénable puisqu’il est impossible d’admettre une délégation à une entité représentative. Aussi, Rousseau ne veut pas accepter l’idée de corps intermédiaires qui bafoueraient l’unicité du peuple.

Le contrat enlève donc toute idée de représentation qu’il considère oligarchique. Rousseau veut concevoir son pacte comme établissant une démocratie directe, à l’aide d’une Assemblée. Il montre que si les hommes ne se sentaient pas suffisamment concernés par la vie politique ils ne s’y soumettraient pas.

Comme la volonté générale est faite dans les règles, le Souverain ne peut faire de normes contraires aux volontés des membres, et donc il ne peut y avoir d’empiètement relatif à un trop fort pouvoir. Mais les hommes peuvent quand même être tentés de suivre leurs intérêts communs en fuyant les obligations de l’Etat. Donc l’Etat doit être suffisamment coercitif pour s’assurer que tous respecterons les devoirs imposés par l’Etat.

Mais ces conceptions ne sont en pratique pas applicables.