Angleterre : Hobbes

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Hobbes

 

Anglais contemporain du 17ème siècle, Hobbes se considère comme le fondateur de la science politique. Absolutiste, il élabore une théorie qui constituera le fondement de la philosophie récente. Ses intentions s’expliquent par la nature pessimiste de sa vision de l’humanité.

Etat de nature

En effet, il montre à travers ses réflexions la conception qu’il se fait de l’état de nature. Méchant par nature, l’homme n’agit que par intérêt personnel. Poussés vers la réalisation continue de leurs désirs, les hommes sont amenés à aller à l’encontre de toute loi qui pu être naturelle. Les concordances entre les désirs entrainent des conflits permanent, et donc des rivalités  violentes que rien ne peut arrêter. Les hommes se battent non seulement pour leurs passions, mais également pour leur sécurité, leur gloire. Ainsi l’égalité naturelle n’est pas synonyme de liberté et la guerre permanente est inéluctable. Les hommes étant principalement régis par trois attitudes que sont la méfiance, la rivalité et la fierté, il existe à l’état de nature des phénomènes de domination constante et de pouvoir. Ainsi, cet état montre une guerre de tous contre tous.

En dépit de l’instinct de conservation naturel, l’homme agit par sa raison ; il détermine pour chaque objectif les moyens à mettre en place pour les atteindre. Les stratégies dont il use ont valeur universelle, ce qui permet de déterminer  la valeur absolue de la vie individuelle. Les actions établies par stratégies s’étendent jusqu’à la mise en place des actions d’autrui. Autrement dit, le pouvoir de l’un s’arrête où commence le pouvoir de l’autre. Mais il n’existe à l’état de nature aucune règle qui pourrait permettre de s’arrêter au niveau de l’action de l’autre. Le droit naturel n’empêche pas d’entraver les droits des autres. Donc on limite son action et donc son droit, en attachant de l’importance à la réciprocité du droit, au détriment de l’individualité. Cette limitation réciproque explique le passage du droit de nature à la loi de nature. Et on se soumet à cette règle en ce qu’elle est réciproque. Aussi, afin de garantir l’engagement des représentants, il faut mettre en place des principes juridiques.

Contrat

Dans la nature, aucun pacte ne permet de réaliser ces objectifs, c’est pourquoi il faut établir un contrat artificiel qui empêchera les dérives d’un pouvoir trop important. De manière rationnelle, les hommes créent le Léviathan, c'est-à-dire l’Etat. Pour acquérir la paix, les hommes limitent le pouvoir trop grand qu’ils avaient à l’état de nature. Leur sécurité sera garantie par l’Etat qui disposera de la souveraineté absolue. Pourtant l’Etat n’entre pas dans la constitution du pacte, qui se concrétise seulement « de chacun avec chacun ». Il faut former une unité politique fondée sur la soumission de tous à un seul. ; Les anciennes égalités se substituent à l’égalité civile. L’autorité souveraine est instituée par les rapports et volontés mutuelles de soumission des individus, il n’existe pas de relation directe entre le souverain et les individus. Une personne artificielle parlera en leur nom, sa volonté est la leur. Le souverain décide de la religion qui devra être appliquée autant que des orientations civiles à donner à la société.

S’il institue une conception de l’Etat totalitaire, il s’engage vers une voie nouvelle qui rompt avec les anciennes conceptions contractualistes. Il annonce l’idée que la société s’est formée par le pacte et non avant lui.