L'instabilité

L’instabilité : du choc pétrolier à aujourd’hui

La fin du XXe siècle est marquée par une série de bouleversements importants, que le monde ne connaissait plus depuis un moment. De la stagflation des années 1970 aux crises à répétition depuis les années 1990, le monde a connu de fortes périodes de turbulences en peu de temps, après une longue période de prospérité. Les années fastes que la France a connu jusqu’au premier choc pétrolier affichaient une croissance importante qui ne semblait pas pouvoir s’essouffler. Et pourtant, la France a connu un chômage important duquel elle a toujours du mal à se relever.

L’internationalisation des économies a entrainé une interdépendance de celles-ci et a ainsi contribué à la propagation plus rapide des crises. En effet, les flux importants de capitaux ont conduit à l’apparition de ce qu’on appelle aujourd’hui communément la mondialisation. Et c’est bien cette mondialisation qui a modifié les logiques économiques et a permis la propagation des récurrentes crises financières. Une crise locale peut rapidement se transformer en crise mondiale lorsque toutes les économies sont liées.

Pourquoi une telle instabilité ?

Les débuts d’une crise

Alors que le dollar était encore dans les années 1960 monnaie mondiale, le gouvernement américain décide en 1971 de l’inconvertibilité du dollar en or. La mesure prise en 1971 va ainsi permettre aux Etats de choisir librement leur système de change, et l’or n’est plus utilisé comme base à la valeur.

Des changes fixes (établis par rapport à une devise par exemple) ou des changes flottants ont pu être mis en place. Dans le cadre ce dernier, les taux de changes se trouvent dans un limite de marge de fluctuation (serpent monétaire européen en 1972 fixait une limite à 2,25%). Cependant, les monnaies sont généralement reliées au dollar, ce qui permet d’éviter les variations brutales des monnaies sur le marché des changes. Les monnaies sont donc majoritairement reliées au dollar, malgré l’apparition de l’euro. Mais on peut voir que la situation a néanmoins évolué : la libéralisation des mouvements de capitaux a conduit à laisser faire le marché, qui s’autorégule. Auparavant, au contraire, les changes étaient fixes et de nombreuses obligations étaient à la charge des Etats pour réguler les échanges.

Mais la crise n’est pas seulement liée à ce problème selon certains. Certains considèrent en effet que la crise pétrolière a conduit à une crise qui était déjà inévitable ; d’autres au contraire pensent qu’elle n’a existé que parce que la crise pétrolière l’a entrainée. C’est en effet la décision des pays producteurs de pétrole d’augmenter les prix du pétrole qui va bouleverser l’économique mondiale. Les pays de l’OCDE avaient en effet fondé leur économie sur le pétrole (qui remplace le charbon), et avaient crée d’importantes sociétés, qui contrôlaient les 4/5 des gisements de pétrole. Ces sociétés versaient des redevances correspondant à 50% du prix pratiqué aux pays producteurs. Mais les conditions relatives à la production conduisent les pays producteurs à s’organiser autour de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960. Les premières mesures qui contrent les occidentaux relèvent de la Libye, qui en 1969 impose un prix du baril à 2,2$ (contre 1,8$), et récupère 55% des bénéfices. Mais la guerre du Kippour accélère les choses : des menaces d’embargo sur les exportations de pétrole à destination des pays amis d’Israël font monter la tension. Puis ce sont les chocs pétroliers qui font monter les prix du pétrole, multipliés par quatre (1er choc pétrolier en 1973) et deux (2e choc pétrolier en 1979). Les pays occidentaux payent désormais très cher leur consommation en pétrole.

Les années 1970 vont ainsi connaitre une importante augmentation des taux d’inflation jusque dans les années 1980. De nombreuses politiques vont alors être mises en place pour tenter d’enrayer le phénomène.

Quelles sont les conséquences de cette instabilité ?

Un contexte chaotique

La crise des années 1970 est caractérisée par des éléments inconnus à l’époque, qu’on ne retrouvait pas dans les crises qu’on avait pu connaitre. Si le chômage ou encore la chute des investissements constituaient des critères connus de la crise, l’inflation importante qui s’y est ajoutée ne l’était pas. L’inflation ne se produisait auparavant qu’en période de guerre ou de façon brève en fonction des évènements. Aussi, le taux d’investissement descend, et la production recule. Le chômage quant à lui s’accroit, mais le nombre d’emploi, lui, se maintient ; cette particularité est en réalité due à l’arrivée des « baby boomers » sur le marché du travail.

Les différences avec la crise des années 30 sont donc importantes. On peut en ce sens voir que la dépression n’est pas aussi importante. On assiste en effet à un simple ralentissement de la croissance, même si celle-ci comprend de courtes phases de récession. Cette croissance qui perdure est due à l’amélioration constante du niveau de vie, qui ne s’est pas arrêtée avec la crise. Le niveau de consommation a donc été maintenu. Mais il convient de rappeler que la part des prestations sociales dans le revenu s’est accrue, ce qui a limité la marginalisation des individus. Aussi, les échanges commerciaux mondiaux se sont accrus, et ne se sont pas effondrés contrairement à ce que les années 30 avaient connu.

Un nouveau capitalisme

Les appareils de production des Etats-Unis vont devenir moins productifs, et le capitalisme va alors devoir se modifier. Les marchés vont s’ouvrir, et, progressivement, les Etats vont se libéraliser. Les pressions internationales vont rendre nécessaire cette libéralisation.  La France va ainsi emprunter cette stratégie. Mais ce sont bien les Etats-Unis qui dominent le monde. Cette hégémonie a été la conséquence d’une réflexion relative à l’avenir du capitalisme américain.

Le système financier international est traversé par des crises importantes à la fin du XXe siècle, comme au début du XXIe. Les flux financiers s’accroissent énormément et rapidement ; les transactions internationales en valeurs mobilières s’accroissent, tout comme les investissements institutionnels. Les flux financiers sont si importants que les entreprises vont se financer essentiellement par l’émission d’actions. L’ensemble de ces flux a conduit à une instabilité inévitable, qui peut toutefois être relativement enrayée.

Une lutte ouvrière

Les taux de rentabilité ont diminué progressivement dès les années 1960, essentiellement en raison des coûts de production, trop importants. Les salariés s’étaient en effet regroupés en syndicats afin de revendiquer un meilleur salaire. Les conséquences de ces augmentations étant défavorables à l’économie, l’organisation du travail, mise en place au début du XXe siècle se voit remise en cause. Mais le phénomène ne s’amenuise pas pour autant, et les travailleurs adoptent un comportement qui tente à conserver les acquis. Ainsi, les ouvriers s’absentent, provoquent des grèves, et font de cette manière chuter la productivité. Avec le changement de mentalité et la prise de conscience, viennent les préoccupations environnementales, qui alourdissent également les frais des entreprises.