De la IV à la V République
La naissance de la Ve République résulte d'une série d'évènements qui ont conduit le général de Gaulle à restaurer le rôle du président de la République.
A la mémoire de prisonniers français tués par le Front de libération national (FLN), une grande manifestation est organisée à Alger le 13 mai 1958. Mais cette manifestation qui devait être calme tourne à l’émeute et des français d’Alger prennent d’assaut le gouvernement général. Le général Massu est alors investi de la direction d’un Comité de Salut public. En France, Pierre Pflimlin, partisan d’une Algérie française, prend la tête du gouvernement français, alors que l’Algérie refuse son investiture ; les pressions exercées sur la France seront telles qu'elles le conduiront à démissionner peu après sa désignation, conduisant ainsi le Général de Gaulle à un retour à la vie publique. Pourtant, si dès le 19 mai le général de Gaulle se dit prêt à « assumer les pouvoirs de la République », les parlementaires ne le souhaitent pas. Malgré ces réticences, les difficultés auxquelles font face les français sont telles que le président de la République, René Coty, finit par lancer un appel, le 29 mai, « au plus illustre des français », le général de Gaulle, « celui qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, fut nôtre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l’unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République ».
C'est ainsi que dès le 1er juin, le général de Gaulle est investi par l’Assemblée nationale dans les fonctions de président du Conseil par 329 voix contre 224. Il fonde un gouvernement composé de la majorité des partis politiques : Guy Mollet de la SFIO, Pierre Pflimlin du MRP ou encore Louis Jacquinot. Il veut ainsi montrer son refus du système des partis et ne n'intègre pas le RPF à sa victoire. Le général de Gaulle va jusqu'à refuser de diriger un gouvernement conditionné par le cadre constitutionnel de la IVe République, et désire le remettre en ordre en lui attribuant une plus grande autonomie. Ainsi, le 2 juin, l’Assemblée nationale vote une loi lui accordant les pleins pouvoirs, spéciaux en Algérie, et législatifs pour une période de six mois. Cette période devait permettre d’élaborer une nouvelle Constitution.

